ABEILLE ( genre Apis)

mercredi 28 janvier 2009

Les ABEILLES


Vraisemblablement originaire de l'Inde, où l'on rencontre encore nombre d'espèces sauvages, l'abeille commune
( Apis mellifica) est un des rares insectes domestiqués par l'homme qui l'élève en vue de la production du miel et de la cire. C'est également un remarquable auxiliaire de l'agriculture.

En effet, au cours de ses incessants voyages, l'abeille transporte le pollen de fleur en fleur et joue ainsi un rôle important dans la fécondation des plantes ( 85% des végétaux sont fécondés par l'intermédiaire des abeilles) . Insectes sociaux, les abeilles vivent en colonies qui peuvent grouper jusqu'à 60000 individus. Au sein de chaque colonie, les abeilles se répartissent en 3 castes aux tâches bien déterminées : tout d'abord les ouvrières, base de la colonie, les plus nombreuses et les plus petites ( 1 cm); ensuite les mâles ou faux bourdons , les plus massifs, en nombre limité, au plus quelques milliers; enfin la reine, unique femelle féconde, plus élancée et d'une taille ( 1.5 cm) légèrement supérieure à celle des faux bourdons.
L'homme élève l'abeille en vue de récolter son miel et sa cire. En effet, toutes les parties du corps de cet insecte sont merveilleusement adaptées pour l'élaboration de ces 2 produits, dont l'un constitue une partie de sa nourriture et l'autre le matériau nécessaire à la construction des rayons composés d'alvéoles.
Comme chez tous les insectes, le corps de l'abeille comprend 3 parties : la tête, le thorax et l'abdomen.
Sur la tête de l'abeille ouvrière, 2 gros yeux à facette et 3 ocelles sont les organes de la vue, et 2 antennes fines et coudées les organes olfactifs; les pièces buccales sont de type lécheur-suceur, permettant de lécher et d'aspirer le nectar des fleurs. La langue est une sorte de trompe que l'abeille enfonce dans la fleur pour y prélever le nectar . son extrémité, ou cuilleron, creusée en forme de cuiller et pourvue de poils se promène à la base des corolles, se chargeant du liquide sucré. La langue se replie ensuite et la récolte va remplir le jabot, d'où elle sera extraite puis déposée dans certaines alvéoles de la ruche. Le thorax est constitué de 3 segments supportant chacun une paire de pattes avec, en outre, 2 paires d'ailes membraneuses fixées sur les deuxième et troisième segment. Les pattes sont adaptées à la récolte du pollen; quand l'abeille a pénétré dans une fleur, le pollen se fixe aux poils de son corps. A l'aide de la première paire de pattes, l'insecte rassemble le pollen, qui passe ensuite sur la deuxième paire, puis sur de la troisième paire. Ces dernières pattes se croisent alors avec les bords de la brossela corbeille garnis d'une rangée de poils durs, le peigne, qui retient les boulettes de pollen à l'interieur de la corbeille.
L'abdomen est composé de 7 anneaux à l'intersection desquels se trouvent les glandes cirières. Le dernier anneau porte un aiguillon venimeux ou dard. Ce dard, dentelé à son extrémité, reste généralement accroché dans la blessure quand l'abeille a piqué, et celle-ci meurt par suite de l'arrachement du dernier segment de son abdomen.
Les mâles sont dépourvus de tous ces perfectionnements et sont donc, mis à part la fécondation de la jeune reine, des bouches inutiles que les ouvrières massacreront ou chasseront de la ruche avant d'aborder la période hivernale.
La reine ne possède qu'une courte trompe, ses pattes n'ont que des ébauches de corbeilles et son dard, bien développé, lui sert de tube de ponte. Fécondée une seule fois dans sa vie, au cours du vol nuptial, elle se met aussitôt à pondre à a cadence de 1000 à 2000 œufs par jour, pendant 4 ou 5 ans. La reine, durant sa ponte, est gardée par tout un corps d'abeilles nourricières qui la gavent de bouillie de pollen et de gelée royale.
Les abeilles forment des colonies très différentes des autres insectes sociaux, guêpes ou fourmis. Quand la population d'une ruche devient trop importante, la reine quitte la ruche, entraînant près de la moitié des ouvrières : c'est l'essaimage . Une jeune reine sa place à la tête de ce qui reste de la colonie originale. L'essaim se rassemble le plus souvent sur une branche d'arbre, à quelques distances de l'ancienne colonie. Un certain nombre d'ouvrières partent alors à la recherche d'un nouveau nid, souvent le creux d'un vieil arbre. L'essaim s'y installe et les ouvrières commencent à construire des rayons pour y ramasser la nourriture et y élever les larves. Les rayons sont en cire sécrétée par les glandes abdominales des jeunes ouvrières. Chaque rayon, disposé verticalement, comprend 2 rangées de cellules hexagonales, ou alvéoles, proposées par le fond et légèrement inclinées afin que le miel ne verse pas. Les alvéoles sont de dimensions ou de formes différentes suivant leur destination : les uns, situés à la partie supérieure des rayons, sont des greniers à miel et à pollen; à la partie inférieure se trouvent ceux qui recevront les œufs ou couvain .
Parmi ces derniers, quelques-uns, plus grands abriteront des œufs non fécondés qui donneront naissance aux faux bourdons.
Enfin , on distingue, vers le bas, des cellules dont la forme n'est plus hexagonale et qui sont beaucoup plus grandes encore : ce sont les alvéoles où naîtront les futures reines.
LA reine ponde un œuf par alvéole. l'œuf éclot au bout de 3 jours et la larve atteint sa taille normale en moins d'une semaine. Les larves d'ouvrières et de mâles sont nourries d'un mélange de miel et de pollen. Les reines sont élevées dans de grandes cellules fixées au bord des rayons. Les larves choisies pour donner une reine reçoivent une nourriture spéciale : la gelée royale.
Lorsque les larves sont arrivées à maturité, vers le 9ème jour, les ouvrières ferment la cellule avec un opercule ou bouchon de cire; dans chaque cellule, la larve se transforme en nymphe et l'adulte naît environ 12 jours après. Le cycle de métamorphose a donc été complet.
La jeune abeille commence aussitôt à travailler. Au début elle est affectée au service interne : pendant ses 3 premiers jours elle est occupée à nettoyer les alvéoles, puis, pendant les 3 jours suivants, elle nourrit les larves de pollen et de miel; ensuite, capable de sécréter une substance nutritive indispensable aux larve, elle devient nourrice indispensable pendant 3 jours encore; c'est à ce moment que, ses glandes cirières fonctionnant, elle participe à la construction des rayons, puis elle emmagasine le pollen rapporté par les butineuses, assure des services de ventilation à l'intérieur ou de garde à l'entrée de la ruche et, enfin, accomplit ses premiers vols d'orientation. Au 21 ème jour l'abeille devient butineuse. Elle le sera jusqu'à la mort.
La gelée royale sécrétée par des glandes situées dans la tête des jeunes abeilles et qui nourrit la reine est beaucoup plus concentrée et beaucoup plus nourrissante que le lait : elle contient 5 fois plus d'albumine et une fois et demie plus de graisse. Les larves qui en sont nourries grandissent avec une rapidité inconnue chez les autres êtres vivants. les ouvrières, en période de travail, vivent à peine 2 mois et meurent d'épuisement ou du fait de multiples accidents. Les survivants atteindront le printemps suivant et elles ne tarderont pas à mourrir. Pendant l'hiver, la ruche a vécu au ralenti. la reine a cessé de pondre et les abeilles se sont rassemblées en grappe autour d'elle.
Les abeilles se communiquent entre elles les renseignements sur la qualité, la direction et la distance à laquelle se trouve le pollen. Quand une ouvrière trouve une source de pollen, elle en fait une grande provision et retourne à la ruche. Si la source est située à moins de 100 m de la ruche, l'ouvrière exécute à la surface des rayons une figure de danse en forme de 8. Cette danse excite les autres qui, touchant les antennes de la danseuse, reconnaissant ainsi l'essence de la fleur.
Si la source est à une distance plus grande, l'ouvrière, tout en continuant à dessiner des 8, agite son abdomen d'un coté à l'autre, exécutant ainsi une sorte de "danse du ventre".
Plus le pollen est loin de la ruche, plus les 8 sont resserrés et plus l'agitation de l'abdomen est vive. Selon que l'abeille commence sa danse par une ligne droite vers le haut ou vers le bas, la source de pollen se trouve vers le soleil ou à l'opposé par rapport à la ruche. Pour indiquer la direction précise, cette ligne ascendante ou descendante forme un angle lus ou moins grand avec la verticale. Cet angle correspond à celui dont le sommet est la ruche et les côtés, respectivement, la direction du soleil et celle du champ de fleurs à butiner.
Le miel est une des aliments les plus nourrissants : 70 g de miel ont une valeur nutritive égale à 150g de morue, ou 500g de fromage, ou 1 litre de lait, ou 8 oranges, ou 120g de bifteck, ou 5 bananes. Très apprécié dans l'Antiquité ( on assurait qu'il donnait longue vie ), les athlètes en consommaient avant les compétitions. Charlemagne s'y intéressa au point de le mentionner dans ses Capitulaires, et en France, au Moyen Age, l'hôte l'offrait au dessert en gage d'amitié.

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